UNE AVENTURE OECUMENIQUE…
Les premiers Groupes de Foyers Mixtes
La Semaine de Prières pour l'Unité des Chrétiens à Montrouge, 1957 à 1968.
Le Cercle d'Etudes Œcuméniques de la Banlieue Sud de 1959 à 1975.
Le IIIème chapitre de cette « Aventure Œcuménique » concernant l'historique des tout-premiers Groupes de Foyers-mixtes Chrétiens, est lui aussi un devoir de mémoire.
Ce fut une très belle histoire, même si sa naissance dans une demi clandestinité, fut douloureuse, compte tenu du contexte religieux de l'époque.
Commencée en 2005, la rédaction qui suit fut plusieurs fois interrompue, par les aléas de santé de deux membres de l'équipe, puis par le triste départ en 2008 de Jean-Louis Rhein qui en fut, dès le début, la cheville ouvrière logistique jusqu'à sa mort.
Reprise courageusement par son épouse Marie-Claire, cette rédaction est arrivée à son terme.
Puisse-t-elle être lue avec le même enthousiasme qu'elle fut écrite par :
Jérôme et Edmée PASQUET, Marie-Claire RHEIN, Michel et Bernadette PYT, Philippe BERTRAND et Elisabeth DECOUDUN.
Les Groupes de Foyers Mixtes
Par un bel après-midi de printemps, au cours d'une promenade dans la Vallée de l'Ourcq, deux ménages cousins devisaient de leur expérience commune de couple mixte : Georges et Lucette Borgeaud, d'une part, André et Elisabeth Decoudun de l'autre, les époux étant protestants et les épouses catholiques.
Les deux mariages avaient eu lieu en 1942, à un mois de distance, à l'Eglise catholique, avec toutes les difficultés et les contraintes que cette Eglise imposait à l'époque aux époux protestants comme aux époux catholiques.
Du côté catholique, il fallait souscrire, par écrit, aux engagements concernant le Baptême et l'éducation religieuse des enfants à venir, comme à ceux concernant la conversion au catholicisme de son conjoint.
Du côté protestant, il fallait vivre la douloureuse et amère frustration d'avoir dû, sous la contrainte également écrite, renoncer à transmettre sa Foi à ses enfants.
Tout cela dans un climat familial conflictuel, engendré depuis les fiançailles, par leur différence même.
Pourtant, ce jour là, ils constataient avec plaisir, qu'après 20 ans, leurs ménages et leurs enfants s'en étaient bien tirés !
Ces derniers ayant accepté avec respect, et semble- t-il sans dommage, que leurs parents aillent régulièrement et respectivement au Temple et à l'Eglise. Eux-mêmes "pratiquant" la religion catholique de leur Baptême.
Bénissant le Ciel de cette double réussite, malgré les funestes avertissements qui leur avaient été donnés, ils ont aussitôt cherché à savoir si des foyers-mixtes de leurs relations avaient atteint le même résultat positif.
Or le "Cercle oecuménique de la Banlieue-Sud" que les Decoudun avaient créé, au printemps 1959 avec le Pasteur Viollier, leur apprit que des difficultés existaient chez tel ou tel. Pouvaient- ils les aider ?
Les Decoudun, ayant participé à des rencontres de réflexion religieuse avec des groupes de ménages catholiques, se demandèrent si des groupes de même nature existaient pour des foyers mixtes. La réponse était négative pour la France, comme elle l'était pour l'Allemagne, l'Autriche et l'Angleterre, tous pays de grande mixité.
Nous étions en Mai 1962 !
Le sujet et le terrain étaient délicats, malgré les avancées que l'œcuménisme vivait.
Le Concile Vatican II était annoncé, mais ne devait s'ouvrir qu'à la mi-Octobre. Décision fut néanmoins prise avec les Borgeaud de créer un premier groupe de, foyers-mixtes et de rédiger un "Engagement de Base", destiné à servir de charte à ce groupe
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A - Le premier Groupe de Foyers-Mixtes
L'idée lancée attira vite ceux qui pensaient, comme eux, qu'en se réunissant entre personnes vivant semblable situation, il serait plus facile de s'écouter, de se comprendre et, peut-être, d'exprimer les non-dits cachés depuis trop longtemps.
C'était bien là leur intime conviction : permettre à un petit groupe de parler en toute liberté, sans l'assistance, dans un premier temps d'un prêtre et d'un pasteur.
Ils ont alors informé les responsables d'Eglise du projet, afin d'obtenir, sinon une approbation, du moins un encouragement. Celui-ci fut presque immédiat. Confrontés souvent à des demandes de mariages-mixtes, les prêtres et les pasteurs manquaient cruellement de pastorale en ce domaine. Quelques uns étaient prêts à agir, d'autant que, pour les uns comme pour les autres, de tels mariages étaient souvent considérés comme un véritable danger pour la foi des conjoints.
La difficulté était de trouver les responsables ecclésiastiques disponibles et compétents pour épauler ce nouveau groupe.(annexe1)
Grâce au « Cercle Œcuménique de la Banlieue SUD, il semblait possible de résoudre ce problème.
De fait dès le 5 juin, les Decoudun faisaient rencontrer chez eux le pasteur Hébert Roux de l'Eglise Réformée et le père Le Guillou, dominicain attaché au Centre Istina, avec le ménage Borgeaud, pour concrétiser le projet.
Parallèlement, le souffle de l'Esprit Saint ouvrait à ces pionniers une autre perspective : celle des rencontres spirituelles et oecuméniques, dites "des Week-ends de Villemétrie".
De son coté en effet, le pasteur André de Robert qui dirigeait, dans la vallée de la Juigne, une petite communauté de réflexion théologique et de prière, appelée "Centre de Recherche et d'Etudes de Villemétrie", sentant monter chez de nombreux ménages-mixtes de sa connaissance un besoin d'aide spirituelle, avait décidé de faire pour eux quelque chose d'utile.
Il demanda à un ami commun, Gérard de Pury, de rencontrer les Decoudun pour qu'ils lui parlent du petit groupe qu'ils venaient de créer.
Réalisant alors la concordance des deux démarches, il invita ce groupe au Week-end de Décembre 1962 qu'il venait d'organiser pour les ménages-mixtes, avec comme animateur le Pasteur Jean Bosc, éminent théologien réformé.
Ainsi prit naissance à Montrouge (banlieue Sud de Paris) le premier groupe de foyers-mixtes de France et commença entre ce groupe et le Centre de Villemétrie une longue et fructueuse collaboration (voir annexe IV).
2 - Engagement de Base des Participants
1°) Vouloir rechercher dans l'unité de son foyer une spiritualité chrétienne ayant sa source dans l'affermissement ou la redécouverte de la foi que chacun des conjoints puisera dans sa propre religion.
2°) Dans ce sens, il semblerait bon que chacun parvienne à une participation effective à la vie de son "Église", par une Pratique régulière de sa religion, afin de se mettre en état de travailler valablement.
3°) Il est indispensable que chacun apporte au travail commun un sincère désir de construire, en excluant tout esprit de critique systématique ou de polémique.
4°) Une participation personnelle effective est requise de tous, seul moyen de conserver à l'élan vital de ce groupement la force spirituelle que chacun est en droit d'en attendre.
5) Les participants doivent être parfaitement conscients de la situation exceptionnelle des foyers mixtes, LE FOYER MIXTE ETANT ET DEVANT RESTER UNE ANOMALIE DANS LA VIE DE L'EGLISE.
6°) Enfin, il est évident qu'un constant effort de disponibilité à l'égard de l'action de l'Esprit Saint est le gage de l'authenticité de notre travail.
3 - Organisation et vie du 1er Groupe
- Le 5 Juin1962, rencontre chez les Decoudun avec les Borgeaud, entre le Pasteur Hébert Roux et le Père Le Guillou, pour approfondir et envisager avec eux l'organisation de ce premier groupe
- Le 25, réunion à Montrouge, avec un nouveau ménage Jean-Louis et Marie-Claire Rhein et le ménage Borgeaud, pour les informer de la rencontre précédente et leur proposer " l'Engagement de base" élaboré en mai entre les Decoudun et les Borgeaud.
En Juillet, à ISTINA, à l'initiative du Père Le Guillou, carrefour sur la Pastorale des Foyers-Mixtes articulé en deux points :
- la situation des Foyers-mixtes
- les problèmes qu'elle pose aux "Eglises"
A la rentrée de Septembre, un courrier entre le Pasteur Roux et les Decoudun, leur apprend sa nouvelle fonction comme Observateur de l'Alliance Réformée auprès du Concile et, par conséquent, son impossibilité d'assurer une présence régulière auprès du Groupe.
Il disait apprécier cette expérience de grande importance, à ses yeux, et approuver le texte et l'esprit de l'Engagement de Base.
Il recherchait un Pasteur qualifié pour le remplacer.(Annexe II)
Malheureusement le pasteur Henri Capieu (paroisse réformée de la rue Madame Paris - 6°) pressenti pour ce poste, ne semblait pas convaincu, à l'époque, par sa nouvelle mission, comme le montre l'anecdote suivante.
Lorsque le 30 Octobre, le groupe se rendit, accompagné du Père Le Guillou, pour la 1ère fois, en sa présence, dans les locaux paroissiaux de la rue Madame et qu'Elisabeth Decoudun présenta le projet et son début d'expérimentation, le Pasteur Capieu se montra des plus méfiants, allant même jusqu'à lui dire "qu'elle n'était pas une bonne catholique, puisqu'elle n'envisageait pas de convertir son époux".
Cette sortie fut d'autant plus regrettable que venaient de s'incorporer au groupe de nouveaux ménages : les Personnaz, les Wallon et Elisabeth Koechlin (voir annexe III).
A la réunion suivante, le 29 Novembre, avec les mêmes participants, le Pasteur Capieu suggère de commencer la réflexion par la " liturgie de mariage", dans chacune des deux Eglises.
Les 8 et 9 Décembre, le groupe invité par le Pasteur de Robert, participa pour la première fois aux "Week-ends de Villemétrie".
Le Pasteur de Robert y avait convié plusieurs foyers-mixtes de sa connaissance et nous-mêmes tous ceux de la liste communiquée par Gérard de Pury.
L'assemblée était ainsi fort nombreuse.
Le Père Le Guillou et le Pasteur J. Bosc étaient présents.
Celui-ci et Elisabeth Decoudun firent un exposé le Samedi soir sur :
"Les Problèmes que posent les Foyers-mixtes".
La matinée du Dimanche fut consacrée à la Messe dans l'église d'un village voisin et au Culte à la chapelle de Villemétrie.
L'après-midi à la discussion et aux conclusions.
La première année s'acheva le 22 Décembre 1962, par une réunion de mise au point entre ménages seuls.
Etaient présents, outre les participants précédents, les ménages Blassel, Cooreman, Douchin et Jechoux que le week-end de Villemétrie avait encouragés à se joindre au Groupe.
Décision fut prise en conclusion de maintenir les trois formules de rencontres :
réunions amicales de réflexion entre foyers seuls,
réunions amicales de réflexion en présence de conseillers ecclésiastiques compétents,
Participation du groupe, deux fois l'an, aux "Week-ends de foyers-mixtes de Villemétrie".
Au-delà des recherches et approfondissements de la Foi des ménages, en fonction de leurs aspirations aidés par leurs conseillers ecclésiastiques, les week-ends semestriels de Villemétrie leur apportaient une dimension plus riche des points de vue scripturaires et théologiques grâce à la compétence du Pasteur Bosc et du Père Le Guillou.(Annexe IV).
Leurs joutes oratoires étaient généralement soumises au feu roulant des questions posées par les ménages, gourmands de les pousser dans leurs retranchements.
Le 12 Janvier - nouvelle réunion rue Madame, pour approfondir avec le Pasteur Hébert Roux, cette fois, la réflexion sur la liturgie du Mariage.
Le 2 Février, les ménages seuls se réunissent afin de faire le point sur le travail accompli en s'interrogeant sur l'engagement des Eglises à leur côté et sur les critiques et la méfiance qu'elles formulent à l'égard d'un regroupement des foyers-mixtes.
Elisabeth Decoudun fait part d'un entretien très positif qu'elle vient d'avoir avec le Pasteur Roux qui se montre, à l'inverse, partie prenante. Il est tout à fait convaincu de la nécessité d'une pastorale spécifique à ces foyers et s'engage à les aider de son mieux.
De son coté le Père Le Guillou qui jusqu'alors était resté sceptique et plus que réservé sur le principe des groupes, leur intérêt et leur action, accepte finalement l'attitude du Pasteur et s'engage à poser la question de l'aide par des prêtres à Monseigneur Dumont, responsable de l'Oecuménisme pour le Diocèse de Paris.
Durant le Printemps, pour justifier l'authenticité de leur recherche et de leur travail, et répondre aux interrogations du Père Le Guillou, les responsables de ce premier groupe ont lancé une" Enquête élargie" auprès des foyers- mixtes de la région parisienne, pour connaître leur situation, leurs besoins et leur espérance.
Ce fut un travail très lourd, ne serait-ce que la délicate élaboration des questionnaires, première démarche d'une enquête et leur dépouillement. La grande quantité des réponses parvenue est, en soi, un indice hautement satisfaisant de son efficacité.
On trouvera, en annexe V, le rapport substantiel de ce travail dont le mérite revient (pour une bonne part) à Jacqueline Cooreman. Elle assumait à l'époque le secrétariat du groupe. En effet, la nouveauté de cette expérience pastorale de couples mixtes a suscité un vif intérêt et un courrier de plus en plus abondant : demandes d'information, contacts avec les prêtres et les pasteurs, convocations aux réunions, compte rendus.
A la rentrée d'Automne, les Decoudun réunissent, chez eux, cinq jeunes couples les ménages Blassel, Douchin, Pasquet, Pyt et Snozzi, et créent ainsi, le deuxième groupe de foyers-mixtes dans la région de Sceaux et environs, (Banlieue sud de Paris).
Les aspirations spirituelles de ce dernier, composé de ménages plus jeunes avec des bébés, étaient évidemment différentes de celles du groupe fondateur. Mais, dès l'origine, son souhait était de limiter à six ou sept le nombre des ménages participants afin de respecter la psychologie de groupe qui facilite la communication et la libre expression de chacun.
En Décembre, sous l'autorité du Pasteur Hébert Roux et du Père Le Guillou le 1er groupe adresse aux prêtres et pasteurs du secteur son "Engagement de Base" et le document suivant qui permet d'étendre son action.
En dehors de ces activités, le 1er groupe a participé aux deux Week-ends de Villemétrie consacrés en 1963 aux Foyers-mixtes. L'un, les 22 et 23 Juin, sur la "Spiritualité chez les protestants et les catholiques," et l'autre, les 25 et 26 Octobre, sur la" Spiritualité des couples mixtes".
Ces deux sujets ont été présentés par le Pasteur Jean Bosc. Au cours du second week-end, le Père Dalmais o.p., remplaçant le Père Le Guillou (parti au Concile Vatican II), a traité du" Couple à Travers la Bible".
Dom Lefèbvre de l'Abbaye bénédictine de Ligugé, qui avait demandé à connaître ces week-ends était présent à ce dernier.
Sur la proposition du Pasteur Matiffa de Montrouge (qui a accompagné le Groupe 1 durant le 1er semestre), les réunions mensuelles des quatre premiers mois ont traité du début du Notre Père " (l'Oraison dominicale):
en Janvier" Notre Père qui est aux cieux ".
en Février, "Que Ton Nom soit sanctifié".
en Mars " Que Ton Règne vienne" et
en Avril " Que Ta Volonté soit faite....".
Les réunions de Mai et Juin ont été consacrées aux compte rendus du travail effectué durant l'année.
Le groupe a également participé à deux rencontres pour les Foyers-Mixtes organisées par le Centre de Villemétrie:
la Veillée de prières pour l'Unité des Chrétiens du 25 Janvier à la Cité Universitaire
le Week-end de Printemps des 18 et 19 Avril, au cours duquel le Professeur Jean Bosc et le Père Le Guillou ont présenté " la Morale dans les Eglises de la Réforme et dans l'Eglise Catholique romaine".
En Juillet, une réunion avec le Groupe II qui venait d'être créé à l'Automne, était organisée pour faire le point sur le travail réalisé par les deux groupes.
L'étude du "Notre Père" s'est poursuivie au dernier trimestre 1964 :
- en Octobre: " Donne nous notre Pain de ce jour ", à la place de " quotidien",
- en Novembre: " Pardonne-nous nos offenses " et
- en Décembre: "Ne nous laisse pas succomber à la tentation ".
Les conseillers ont été le Pasteur Daniel Louis et le Père Petitcolas en Novembre, le
Pasteur Louis Matiffa et l'abbé Colson en Décembre.
Toutes ces réunions avaient lieu, alternativement, chez l'un ou l'autre ménage. Elles étaient, à la fois, studieuses et détendues, toujours accompagnées d'une collation.
Le dernier Week-end de Villemétrie eut lieu les 5 et 6 Décembre sur le thème « Amour et Loi ou la morale et le respect de la vie ».
Au cours de 1965 et des années suivantes le premier Groupe a continué à se réunir environ tous les mois et à travailler sur différents thèmes qui lui tenaient à coeur, comme la "Confession" ou" l'Appartenance ecclésiale et l'insertion dans l'Eglise"
Parallèlement, il participait fidèlement aux Week-ends semestriels de Villemétrie pour les couples mixtes.
Au fil des années, une amitié réelle s'est créée entre les ménages, qui a perduré jusqu'à ce jour, malgré la disparition successive de cinq époux et la mort de Simonne Jechoux, péniblement ressenties par tous puis, en 2008 celle de Jean-Louis Rhein.
B - le deuxième groupe de Foyers mixtes
Le 1er groupe est né en 1962 mais André et Elisabeth Decoudun, qui l'avaient créé, n'allaient pas en rester là !
A l'occasion des « Rencontres du Centre Protestant de Recherche de Villemétrie » (à Orgemont près de la Ferté-Alais) sous l'égide du pasteur André de Robert, ils avaient fait la connaissance de jeunes ménages manifestement en recherche pour améliorer leur vie de couple bi-confessionnel.
D'autres foyers ayant le même problème furent identifiés lors des rassemblements de la Semaine de l'Unité 1963 en proche banlieue sud.
Et c'est ainsi qu'à l'automne 1963, 5 jeunes couples furent invités à venir à Montrouge chez André et Elisabeth pour s'entendre proposer de former un 2ème groupe où il y aurait mise en commun et étude des problèmes passés, présents et à venir.
Ces couples étaient les Blassel, de Sceaux, les Douchin, d'Athis-Mons, les Pasquet, de Sceaux, les Pyt, de Sceaux et les Snozzi, de Maisons Alfort.
Tous furent intéressés par ce projet qui (les membres du 1er groupe en étaient témoins) permettait d'approfondir la foi de son conjoint et la sienne propre, de clarifier les points de divergence réels et d'exprimer directement ou par le biais d'un autre couple les non-dits, les blessures ressenties à telle ou telle occasion.
Rappelons que le concile œcuménique Vatican II avait été inauguré par Jean XXIII le 11 octobre 1962. Un an plus tard, la 2ème session -sur 4 prévues- venait tout juste de commencer. Nous suivions tous attentivement ce qui filtrait de Rome mais savions qu'il faudrait plusieurs années pour que les ouvertures espérées soient concrétisées au niveau des paroisses.
Les réunions qui eurent lieu fin 1963 eurent pour objet de faire connaissance et de mettre au point méthode et programmes de nos rencontres futures.
Deux nouveaux couples avaient alors rejoint le groupe : Les Maupas, de Fontenay aux Roses et les Rougier, de Charenton.
La naissance et la vie de ce groupe ont déjà donné lieu à un article de la revue « Foyers Mixtes », n° 8 du 1er juillet 1970, malheureusement épuisée depuis longtemps, article rédigé par Edmée et Jérôme Pasquet avec une introduction de Mme Decoudun. C'est cet article qui a servi de base au présent travail, enrichi des notes prises…et heureusement conservées par quelques uns des participants malgré les déménagements ultérieurs.
Cela faisait donc un groupe dont, à part quelques exceptions, les membres ne se connaissaient pas et dont le seul point commun était la mixité confessionnelle. Compte tenu de la pression du Droit Canon Romain, six des mariages avaient eu lieu à l'église, un seul avait eu lieu au temple…et, depuis, Edmée Pasquet ne pouvait plus communier dans son Eglise et en souffrait terriblement.
Les six autres foyers avaient souffert aussi des exigences du Droit Canon : Ils avaient dû prendre par écrit des engagements leur interdisant de transmettre leur foi à leurs enfants… et parfois les conditions dans lesquelles leurs célébrations avaient été réalisées n'avaient pas été des réussites. D'où une certaine méfiance, sinon une méfiance certaine, vis-à-vis des membres du clergé. Quelques conjoints catholiques avaient même cessé toute pratique tellement l'intransigeance de leur Eglise les avait blessés.
Les mariages avaient eu lieu entre 1957 et 1962. Tous avaient de jeunes, voire très jeunes enfants.
Méthode et sujets de nos rencontres
Comme il s'agissait d'apprendre à mieux se connaître et à travailler ensemble, le principe fut vite acquis de réunions mensuelles en fin de journée chez l'un ou l'autre des foyers, avec un président de séance et un rapporteur. La séance commençait par un dîner léger permettant des échanges informels, le travail sérieux démarrait après et la séance était levée vers 23h/23h.30 après une courte prière.
Le sujet retenu pour 1964 fut « L'éducation familiale et religieuse des enfants ».Car nous serions tous concernés à plus ou moins court terme par cette question très concrète. Il avait l'avantage d'être relativement peu marqué par les différences doctrinales de nos deux confessions, ce qui permettait de nous « rôder » sans trop de risques de grincements.
Autre avantage, la présence d'ecclésiastiques n'était pas forcément nécessaire. Initialement en effet, la participation de conseillers théologiques ne paraissait souhaitable qu'au coup par coup et pas forcément toujours avec les mêmes. Comme indiqué plus haut, la hiérarchie catholique n'était pas en odeur de sainteté, quant aux ministres protestants, leurs sentiments vis-à-vis de ceux qui s'étaient engagés à élever leurs enfants dans la religion catholique étaient parfois mitigés.
De plus, de tels regroupements pouvaient faire courir un risque de syncrétisme donnant naissance à une sorte de « troisième Eglise », ni vraiment catholique, ni vraiment protestante. Il fallait donc trouver des pasteurs et prêtres disponibles pour nous aider à aborder les « questions qui fâchent » dans les meilleures conditions de clarté et d'objectivité, sans chercher à faire de prosélytisme ni porter de jugements sur nos cheminements respectifs.
Et puisque nos réunions avaient lieu pendant que se déroulait le concile, il fallait aussi qu'ils nous éclairent sur les enjeux et les péripéties de cet événement.
L'éducation familiale et religieuse des enfants
Pour donner un aperçu de notre travail du 1er semestre 1964 sur ce thème, le plus simple est peut-être de reprendre le bilan dressé par Jacqueline et Yves Douchin (dans la convocation à la réunion de reprise de septembre), en le complétant le cas échéant.
- En début d'année, nous avons pu esquisser à grands traits avec le professeur Flavigny (médecin neuropsychiatre d'enfants) les différents stades de l'évolution de l'enfant et ses besoins fondamentaux d'Amour, de Stabilité, de Sécurité.
- Puis le pasteur Cook (directeur des Ecoles du Dimanche) et l'abbé Saudreau (directeur diocésain de l'enseignement religieux) nous ont indiqué quelles étaient les tendances de l'instruction religieuse et les nouvelles méthodes utilisées.
A chaque période du développement de l'enfant, étude :
a) Du rôle respectif des parents,
De l'entourage extrafamilial,
Des requêtes de l'Eglise.
b) Des orientations psychopédagogiques qui s'en dégagent.
- Après quoi, étape par étape, nous avons étudié la psychologie de l'enfant et les questions religieuses éventuelles :
- de 0 à 18 mois : la naissance, la marche, la propreté, le baptême
- de 18 mois à 3 ans : l'acquisition du langage, le développement de l'intelligence
avec, comme livres de travail, les deux « Introduction à la psychologie de l'enfant » d'Osterrieth et de Piaget.
A noter la présence du pasteur Michel Dautry de la paroisse luthérienne de Bourg la Reine à la séance consacrée aux questions soulevées par les requêtes des églises, pour cette tranche d'âge.
Une réunion « plénière » du 1er et du 2ème groupe s'est tenue en juillet 1964 afin de faire le point. En voici le compte rendu (partiel) :
« Pour le groupe 2, il a été unanimement reconnu que ces rencontres répondaient à un besoin d'épanouissement et de recherche spirituelle où chaque conjoint puisse participer pleinement. Or cette participation du mari et de la femme ne pouvait se trouver réalisée que dans un groupe de foyers qui ne soit confessionnellement ni catholique ni protestant, donc de « foyers mixtes ».
Ils y ont rencontré un climat sympathique du fait que tous se trouvaient dans la même situation, face aux mêmes difficultés ; ce qui, pour certains, a amené une détente religieuse dans le ménage grâce à une connaissance de l'autre confession qui ne se fait pas seulement à travers le conjoint et pour d'autres, cela a permis d'aborder des problèmes généralement escamotés au sein du foyer pour éviter des discussions.
Les foyers ont été enrichis, sur un plan théologique et spirituel, par le travail en groupe et par les exposés des conseillers religieux dont la présence cependant doit rester occasionnelle. Il est demandé également pour les 2 groupes, que ce ne soit pas toujours les mêmes conseillers qui participent à nos études.
Ils souhaitent à la fois une étude en commun des problèmes spécifiques des foyers mixtes et une pastorale du couple qui éviterait de souligner les différences de confession s.
Certains désirent que l'on accorde une plus grande place aux questions spirituelles et théologiques dans nos réunions, ce qui a commencé avec l'étude de la signification du baptême et continuera avec l'éducation religieuse à chaque étape de la vie de l'enfant. Nous essayerons cependant de l'approfondir davantage et d'accorder une plus grande part à la prière et aux lectures bibliques. »
Comme prévu, nos réunions reprirent en septembre pour la suite de notre étude.
Les sujets furent successivement :
- L'éducation religieuse de l'enfant de 18 mois à 3 ans :
Durant cette période, la religion de l'enfant est surtout participation à la vie religieuse de son entourage, imitation des gestes qu'il voit faire, fidélité à des habitudes données :
Education par les gestes de prière / l'enfant et l'année liturgique / l'enfant et la vie religieuse de sa famille
- La psychologie de l'enfant de 3 à 6 ans, étude en 2 parties :
(Sources bibliographiques :
« Le jeune enfant dans la civilisation moderne » de Gesell et Ilg « Introduction à la psychologie de l'enfant » d'Osterrieth, déjà cité)
1ère partie : esquisse du comportement de l'enfant
Caractères physiques et psychologiques, croissance de l'esprit, caractère et personnalité, limites sont étudiés année par année.
2ème partie : Attitude des parents et des éducateurs devant l'enfant
Eveil sexuel et complexe d'Œdipe ; Les frères et sœurs : problème de la jalousie ; socialisation et école.
- L'éducation religieuse au sein de la famille, de 3 ans à 6 ans
avec la participation de 2 « expertes » : Mme Grémy responsable du catéchisme des « tout petits » à la paroisse catholique de l'Haÿ les Roses et Mme Michel auteur, dans « Réforme », d'articles traitant de certains aspects du sujet étudié.
Il en ressortait, en résumé :
« Qu'il est impropre de parler d'éducation religieuse…il faut parler d'une initiation religieuse qui est liée au climat familial. Ce n'est pas dans un moment « réservé à la foi » que l'enfant doit prendre conscience de la Présence de Dieu mais d'une manière continue…tout en évitant de mettre Dieu « à toutes les sauces ».
Dans cette initiation il est nécessaire d'avoir un souci constant de vérité et de respect, de simplicité, d'unité et d'action. Dieu est un Dieu d'Amour et il faut vivre cette foi avec eux ».
Il en résultait que pour un foyer mixte il ne devait pas y avoir de difficultés particulières si l'enfant, par l'attitude de ses parents (et non pas seulement par des discours), comprenait que ceux-ci étaient fondamentalement d'accord, même si leur foi présentait des différences de forme dans leur façon d'aimer Dieu.
Les problèmes particuliers de la prière, du rôle des « récits religieux » (à choisir avec discernement, car il y en a d'exécrables) et de l'assistance aux offices religieux (sujet délicat s'il en fut !) ont été également discutés lors de cette rencontre particulièrement riche qui terminait ce que nous avions entrepris en début d'année.
Le point d'orgue de 1964 fut la rencontre de Villemétrie les 5 et 6 décembre où 6 couples du 1er groupe, 6 couples du 2ème groupe, 5 couples « hors groupes », 2 pasteurs et 1 prêtre écoutèrent le pasteur Hébert Roux et le Père Le Guillou, puis échangèrent, sur le thème « La morale et le respect de la vie »
Par la suite, jusqu'à Avril 1970, les sujets étudiés furent successivement :
La Messe/Le Culte - l'Eucharistie/la Ste Cène (4 réunions) - Les rôles du Prêtre/du Pasteur - La spiritualité du couple (échange sur Ephésiens V ) - La prière dans le couple- Marie (2 réunions) - Le péché - l'intercession - La Trinité - être adulte / être laïc (2 réunions)- L'encyclique « Humanae Vitae » qui condamnait tout moyen de contraception autre que « naturel » et qui était vivement discutée, quelque soit l'appartenance ecclésiale (3 réunions).
Et, un peu comme un retour à nos débuts :
- L'insertion de nos enfants dans les communautés ecclésiales,
- Les origines du groupe, ce qu'on y avait acquis et ce qu'on en attendait encore. (2 réunions).
A noter que le nombre de nos réunions annuelles fut très variable, compte tenu de la disponibilité des uns et des autres : 10 en 1964, 7 en 1965, 4 en 66, 3 en 67, 4 en 68, 4 en 69 et 2 dans le 1er semestre 70. Les rencontres semestrielles du Centre de Villemétrie avaient toujours beaucoup de succès car très toniques, très enrichissantes …et se prolongeant parfois dans la réunion « normale » qui suivait.
A partir de ce moment le groupe initial a éclaté à la suite des déménagements de plusieurs de ses membres, mais la plupart des liens d'amitié qui se sont créés durant ces quelques années de travail en commun sont restés très vivaces.
Il convient de souligner le rôle de plus en plus important joué par les conseillers ecclésiastiques. Nous avons vu précédemment que leur recrutement paraissait a priori assez délicat.
Durant le 1er semestre 65, différents pasteurs et prêtres se sont succédé : Ils étaient de bonne volonté et venaient pour nous rendre service et éclaircir les points délicats mais, pour différentes raisons, ça n'accrochait pas vraiment…
Par la suite, du coté pasteurs, nous avons eu Jean-Marc Saint, de la paroisse réformée de Robinson (5 fois), puis Marc-André Ledoux, missionnaire venant de Nouvelle Calédonie (8 fois) et enfin Jean Abel, de la même paroisse de Robinson et membre actif du Cercle Oecuménique de la Banlieue Sud. (3 fois).
Et, comme conseiller catholique, nous avons eu la chance de faire la connaissance du Père Jacques Puech, de la paroisse d'Ivry-sur-Seine. Il nous a accompagné, attentif et bienveillant, de décembre 65 à la fin de nos rencontres. Il est même allé, à la suite du « motu proprio » (Instruction Matrimonii Sacramentum) de 1966, jusqu'à entreprendre les démarches nécessaires pour faire valider le mariage au temple des Pasquet, ce qui eut lieu, entraînant de ce fait la levée de l'excommunication dont souffrait Edmée depuis près de 7 ans.
Après l'éclatement à mi 1970 du groupe n°2, quelques uns de ses membres ont formé une troisième génération de groupes : Les Pyt, maintenant au Plessis Robinson, avec des amis anciens et nouveaux, du Plessis, de Fontenay aux Roses et de Verrières le Buisson, pour lire et discuter d'un texte ecclésial, d'un livre théologique (Moltmann, entre autres), voire théologico-politique (Garaudy).
Les Pasquet, partis dans le XIIIème arrondissement parisien, se sont penchés avec des foyers mixtes de leur quartier de 10 ans leurs cadets, sur les textes du « Groupe des Dombes », en commençant par le 1er « Vers une même foi eucharistique » (groupe VII).
Puis leur travail et leurs espérances se sont concentrés pendant près de 3 ans avec l'aide du pasteur Ian Muir de la paroisse de Port-Royal et un prêtre, le dominicain Frère Michel Albaric du couvent Saint Jacques, sur la célébration œcuménique du baptême d'enfants.
Une telle célébration eut lieu pour la 1ère fois le 19 octobre 1975, avec l'autorisation exceptionnelle du Père Jean Rogues alors délégué diocésain au Secrétariat pour les questions œcuméniques de Paris, au temple de Port-Royal, devant la communauté protestante et devant la représentation des quatre paroisses catholiques concernées. Ce fut le point d'orgue de leur action : huit enfants issus de foyers mixtes du groupe furent ce jour là successivement baptisés par le Prêtre ou par le Pasteur, dans un ordre indéterminé.
Comme le préconisait pour de telles célébrations la note du 10 mars 1975 du Comité Mixte catholique-protestant de France, ces baptêmes furent inscrits sur les registres baptismaux des 2 Eglises. Cette célébration œcuménique du baptême se renouvela deux autres fois avec des enfants issus du même groupe du 13ème arrondissement : le 21 janvier 1979 et le 28 juin 1981, toujours au temple de Port-Royal.
Parallèlement, plusieurs couples de cette troisième génération de foyers mixtes, avec d'autres provenant en particulier de la banlieue sud et du 16ème arrondissement se regroupaient vers la fin des années 70 pour élaborer et mettre en œuvre une catéchèse commune pour leurs enfants (ou catéchèse interconfessionnelle), s'insérant dans la paroisse catholique de l'Assomption et dans la paroisse protestante de l'Annonciation dans le 16ème arrondissement…
Mais ceci, comme le disait Kipling, est une autre histoire !
Texte de Michel Pyt et Jérôme Pasquet.
Très rapidement après la formation du second groupe, d'autres ménages ont souhaité le rejoindre, les Maupas de Fontenay-aux-Roses, signalés par le Pasteur de Robert, et les Rougier de Charenton, signalés par le Pasteur Raisin-Dadre de Vincennes.
Puis en 1964 un 3° groupe se forma avec les Escarron, Philippe et Monique Bertrand (Chatillon), Peter et Agnès Kenton (Paris), Jean-Pierre et Thérèse Guth (Boulogne), Renaud et Christine Weber (Boulogne), et de Trégomain de Paris avec pour Conseillers le Pasteur Bastide et le Père Cuvier, de Boulogne.
On s'aperçoit que dès cette époque, la pastorale des Foyers-Mixtes commença à interroger prêtres et pasteurs. Seules nos tentatives de regroupement étaient à leur disposition. Mais le champ d'expérience allait au delà des strictes limites de géographie et de proximité.
Bientôt se dessina une nouvelle perspective pour un 4° groupe. Comment s'organisaient ces créations nouvelles ?
Après un premier contact avec les Decoudun, aux fins d'information des nouveaux venus, dès la décision prise en commun avec les ménages, ceux-ci accompagnaient les premiers pas du groupe.
Tout d'abord, une réunion informelle pour permettre la libre expression de chacun, où les soucis, les besoins spirituels ressentis se dessinaient. Alors surgissaient quelques sujets de réflexion.
Une seconde rencontre autour du thème retenu, cette fois en présence de prêtre et pasteur, avec la présentation réciproque des participants.
Lorsqu'alors le groupe semble réellement intéressé à continuer il prend son envol sous la responsabilité de l'un des foyers, soit proposé par les Decoudun ou mieux, spontanément offerte par l'un des ménages.
Durant toute l'année 1964 de nouveaux ménages se sont manifestés, par l'intermédiaire de prêtres, de pasteurs ou simplement d'autres personnes du réseau de "bouche à oreille". Plus d'une vingtaine de nouveaux foyers entrèrent en contact avec les Decoudun.
Le 22 Avril une rencontre eut lieu au domicile des Decoudun, jusqu'à ce qu'en Octobre 1965 un 4° groupe voie le jour avec : Bobby et Camille de Carayon, Elie et Marianne Gueissaz, Eric et Hélène Frauger, les Cairé, Jean-Pierre et Marie-Thérèse Gantet, Michel et Diane Marosseau, F. et H.Dumas.
La plupart de ceux-ci étant de Paris, à une ou deux exceptions près, cela conduisit à un éclatement du 4° groupe et à un regroupement de proximité.
Pierre Escarron, responsable du 3° groupe devant partir aux Etats-Unis, ce sont les Kenton qui acceptèrent l'animation du 3° groupe et les Weber habitant Levallois, celle du 4°, plus parisien.
Les thèmes de travail de chacun des groupes étaient propres à chacun, mais bien entendu, les problèmes ou, à tout le moins, les préoccupations de tous se retrouvaient.
Le Pasteur Bastide et le Père Tollu, tous deux de Boulogne, nous l'avons vu, acceptèrent pour leur part, d'animer et de conseiller ces deux groupes.
Le Baptême des petits enfants fut la priorité commune à tous les très jeunes ménages en espoir de bébé (le texte original figure en annexe VI).
- La Prière : -fondement biblique - prière liturgique dans les deux confessions prière personnelle du couple - pourquoi prier ? - qui prie-t-on ?
(l'objectivité de la personne à qui l'on s'adresse) - l'exaucement.
- Différents sujets du Groupe des Dombes : Ministères, Epître aux Romains.
Chacun de ces titres faisant le thème de réflexion d'une seule séance.
Témoignage d'un groupe de Foyers-mixtes
Le groupe 5 a été formé en octobre 1965 par des couples alors sans enfants, confrontés aux mêmes problèmes et réunis par affinités.
Nos Conseillers, Monsieur le Pasteur Bastide, de la Paroisse de Boulogne, et le Père Cuvier, de l'Immaculée Conception de Boulogne, nous ont rejoints par l'intermédiaire d'un couple alors résidant à Boulogne Billancourt.
Le groupe s'est réuni tous les mois depuis quatre ans.
Les programmes et dates de réunions ont été fixés au début de chaque année, la préparation de chaque réunion étant confiée à un ou deux ménages.
Les sujets étudiés au cours des premières années ont été les suivants :
Evolution et histoire liturgique des Eglises,
L'Epître de Paul aux Romains (traduction oecuménique),
Pastorale des Foyers Mixtes.
L'étude des trois premiers sujets nous a amenés à une meilleure connaissance des confessions. Le travail au sein du groupe, l'évolution même des couples qui le composent, la naissance d'enfants et les évènements extérieurs ont contribué à une prise de conscience de la nécessité d'aborder des problèmes plus concrets et personnels. La Pastorale publiée en Juillet 1968 a paru constituer un point de départ pour l'étude de ces problèmes bien que le contenu de ce document se soit révélé décevant pour l'ensemble du groupe en dépit d'une lecture préalable des textes de base.
Parmi les questions abordées dans la Pastorale, le groupe a choisi d'examiner en premier lieu celle qui se rapporte à l'insertion du couple dans la vie de l'Eglise. Les échanges de vue fondés sur les expériences personnelles de chacun des participants ont conduit aux réflexions et constatations suivantes : il est permis d'affirmer que tous les couples chrétiens sont soumis à une seule et même loi :
"Ainsi donc l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme et les deux ne feront qu'une seule chair. Ainsi ils ne seront plus deux mais une seule chair. Eh bien, ce que Dieu a uni, l'homme ne doit point le séparer". (Matthieu, 19/5-7).
Cette prescription est fondamentale et indiscutée. L'homme et la femme, dès qu'ils sont mariés, constituent une unité aussi bien temporelle que spirituelle qui ne doit pas être détruite, même par les intéressés.
Le ménage constitué par les époux appartenant à deux confessions différentes n'échappe pas à cette obligation. La pratique démontre cependant que l'unité spirituelle à laquelle ils sont tenus est rendue malaisée en raison des obstacles qu'ils rencontrent lorsqu'ils tentent de participer à la vie de l'Eglise.
Bien plus, les efforts, faits en ce sens, peuvent devenir une source de sérieuses dissensions dans la mesure où les époux et leurs ministres du culte ne parviennent pas à surmonter les divergences d'interprétation des règles et des traditions. Pourtant, il est heureux de constater l'unité au sein des foyers interconfessionnels où chacun des époux est très attaché aux « choses .de Dieu » (Actes II, 17) telles qu'elles lui ont été enseignées depuis son enfance. Cette unité ne préfigurerait-elle pas celle qui devra être reconnue entre les confessions chrétiennes?
Ces constatations ont amené le groupe à rechercher comment l'unité réalisée au foyer pourrait être pleinement reconnue au sein des confessions. Au cours de cette recherche, il a semblé aux membres du groupe qu'ils pouvaient formuler leurs diverses attentes et leurs espérances dans les propositions suivantes :
"Nous nous réjouissons de ce qui a déjà été réalisé quant à :
- La multiplication d'ouvrages communs,
- Le développement du travail biblique et des activités diverses au niveau des communautés paroissiales,
-La publication et la diffusion d'ouvrages concernant l'éducation des enfants
et nous souhaitons que cet effort soit amplifié.
Nous demandons fermement :
- que l'échange de prédicateurs qui a lieu çà et là à l'occasion de la semaine de prières pour l'unité des chrétiens devienne aussi régulier que possible,
- que soit développée l'utilisation commune ou même la construction commune de lieux du culte,
- que l'on envisage la possibilité d'un jumelage de paroisses,
- que les enfants puissent recevoir une éducation commune (cette question nous parait revêtir une urgence considérable et a pour nous une extrême urgence).
Nous souhaitons vivement :
- que l'on arrive le plus vite possible à l'adoption d'une liturgie commune du mariage pouvant être célébrée par tous les ministres du culte et que soient validés de plein droit les mariages célébrés précédemment,
- que soient bientôt admis à une eucharistie commune les époux interconfessionnels.
Tout ce travail a été animé par le Père Cuvier et les Pasteurs par alternance, Benoît, Leplay, de Dadensen et Pierredon.
Ainsi nous arrivons aux années 1980. Nous travaillons sur le dossier de « Foi et Constitution » de 1982 et du Conseil Œcuménique des Eglises (COE) réuni à Lima : Baptême, Eucharistie, Ministère (BEM).
En 1983 - 1985, nous travaillons sur :
- « vers une même foi eucharistique »,
- Les Ministères, texte du Groupe des Dombes.
A cette époque le groupe devient trop nombreux avec l'arrivée des Ranson, Esteulle, Thuile, Parant, Frisch, Hamelin et l'arrivée du Pasteur Madame S. Epifanic. Les ménages Baruzy et de Saint-Affrique (membre du Conseil Presbytéral, temple de Passy) décident de rejoindre le groupe de la « Catéchèse commune » à Passy.
C'est ainsi que fut créé le groupe 6 qui vivra jusqu'en 2001, et fut appelé le « groupe de Boulogne ».
Le groupe 7 fut constitué par Jérôme et Edmée Pasquet, qui essaimèrent dans leur nouveau quartier du 13ème arrondissement avec des ménages de dix ans leurs cadets.
Comme pour les deux premiers groupes, le travail en commun génère un lien fraternel d'amitié qui perdure au-delà de la dispersion et de l'éloignement lorsque les hasards de la vie leur permettent de se retrouver.
E - Groupe de Catéchèse Commune
Groupe de Foyers Mixtes du XVIème : la catéchèse œcuménique (Annexe VII)
Foyers mixtes, quelle catéchèse pour nos enfants ?
"Que tous soient un comme toi Père, tu es en moi et que je suis en toi" (Jean 17-21)
Catholiques et Protestants, Chrétiens des paroisses réformée de l'Annonciation et catholique de Notre Dame de l'Assomption (N.D.A) (16éme arrondissement de Paris)
Qu'avons-nous fait pour mettre en pratique cette parole du Christ ?
Qu'avons-nous fait pour tenter d'avancer sur le chemin de l'unité ?
Qu'avons nous fait pour que nos enfants croient en Christ et soient ferments d'unité et non de division?
Foyers mixtes, qui sommes-nous ?
Un ou une catholique convaincu voulant épouser une ou un protestant (ou un orthodoxe) non moins convaincu.
Il y a encore quelques années, dans la famille catholique, le mariage avec un protestant n'était pas exclu à condition de passer par les impératifs de l'église romaine : que les enfants soient catholiques et que l'on tente de convertir son conjoint. Chez les protestants, tradition familiale et impératifs de l'église catholique constituaient une forte contre indication au mariage inter confessionnel.
Si ces règles s'étaient assouplies, il n'en restait pas moins qu'un choix confessionnel pour les enfants était fortement recommandé dès leur plus jeune âge.
Que l'Eglise respecte sur le plan religieux, la règle absolue selon laquelle « l'homme ne séparera pas ce que Dieu a uni » (Marc 10-9). Ceci implique que, dans la mesure où les confessions chrétiennes ne se considèrent pas en communion, l'Eucharistie pratiquée séparément par le mari et la femme appartenant à des confessions différentes, doit être considérée comme signe de rupture du couple.
Comment alors assumer, face à la division des églises, l'unité religieuse de ces couples puis de la famille ? Dans les dix commandements, il est écrit «Tu honoreras ton père et ta mère ». Comment un père et une mère chrétiens de confession différente pourraient-ils être honorés selon la volonté de Dieu dès lors qu'il serait établi entre un enfant et l'un de ses parents une barrière d'ordre religieux ?
Comment une telle barrière ne serait-elle pas source de désunion du couple lorsque celui-ci ne pourrait se trouver dans toute sa plénitude en communion avec ses enfants, ne pouvant communier librement avec eux au sein de chacune des confessions ?
Cette obligation d'unité « qu'ils soient un comme je suis un avec Toi » n'est pas destinée aux seuls foyers mixtes mais doit s'étendre à tous les chrétiens, dans le respect de leur diversité.
Cette recherche d'unité a impliqué pour ces couples :
- la préoccupation l'un de l'autre, notamment par une connaissance plus approfondie des deux confessions
- une participation commune aux offices et aux activités des deux communautés,
- l'unité du couple et celle de la cellule parents-enfants n'est pas dissociable : c'est pourquoi ils ont cherché deux paroisses d'accueil acceptant de travailler ensemble et durant longtemps sur ce délicat problème de la marche vers l'unité.
Un seul Dieu, un seul baptême, mais plusieurs confessions donc plusieurs catéchèses, plusieurs lieux d'accueil pour prier et célébrer.
Qu'avons-nous tenté sur le plan catéchèse ?
- dès janvier 1965 le bulletin paroissial de Notre Dame de l'Assomption annonçait la création d'un groupe de recherches théologique et biblique animé par des laïcs catholiques et protestants
- en 1971, des parents ayant réfléchi pendant quelques années dans un groupe de foyers mixtes (catholique-protestant) s'inquiétant de l'éducation religieuse à donner à leurs enfants encore très jeunes, créent un groupe de réflexion sur la catéchèse avec l'appui du Pasteur de l'église réformée de l'Annonciation (Cortambert)et de la paroisse N.D. de l'Assomption où existe déjà le groupe précité, ceci avec l'accord et l'appui du délégué à l'oecuménisme de Paris et le directeur des écoles bibliques.
- en mars 1973 démarre un groupe d'éveil religieux et d'initiation biblique pour des enfants de 6 à 9 ans insérés dans les 2 communautés.
Idée directrice : passer de l'unité du couple "l'homme ne séparera pas ce que Dieu a uni"(Math.19-6 Marc 10 7-9) à l'unité de la famille et s'insérer dans les deux communautés choisies, même si elles sont loin géographiquement, afin de ne pas être taxés de former une troisième église.
- en 1972 création d'un groupe de foyers mixtes sur les deux paroisses Annonciation - Assomption
Par une réflexion de groupe (ménages, prêtre, pasteurs, religieuse) nous avons d'abord mesuré les énormes difficultés de notre projet de catéchèse commune qui ne pouvait exister qu'au sein de deux paroisses acceptant de travailler régulièrement ensemble, d'entreprendre et de soutenir ensemble une démarche difficile et incertaine.
Puis nous avons dégagé ce que nous entendions par « catéchèse » :
- annonce de la bonne nouvelle
- rencontre avec le Christ
- Jésus Christ donne-t-il un sens à ma vie, là où je suis ?
Nous avons ainsi constaté que rien ne nous empêchait, hors la division des églises, d'annoncer ensemble aux enfants la bonne nouvelle en n'oubliant jamais que nous étions sur la route de l'unité et que nous ne savions pas jusqu'où et comment nous parcourrions cette route avec nos enfants, que nous ne chercherions pas à éliminer les points de divergence mais, au contraire à comprendre pourquoi ils existent et comment ils peuvent être source d'enrichissement.
C'est ainsi que nous avons créé un programme sur 3 ans :
- Jésus, source de lumière
Destiné à des enfants de 6 à 9 ans qui avaient en face d'eux 2 monitrices, l'une protestante et l'autre catholique. Selon les années, les enfants participaient au culte des enfants à Cortambert ou à la célébration à Notre Dame de l'Assomption.
En 1976 le programme des écoles bibliques ayant été réformé, il nous a semblé souhaitable, pour que les enfants s'intègrent mieux aux paroisses, d'abandonner notre programme spécifique mais de préparer chaque réunion avec une visée oecuménique.
C'est à ce moment là que de nombreuses actions ont été entreprises entre monitrices et enfants des deux paroisses :
-réunions de formation des catéchètes et dîners débats
- sorties communes des enfants des deux paroisses
- invitations réciproques aux célébrations de Noël….
Dès 1974 des catéchistes catholiques se sont intégrées dans la catéchèse protestante et en 1979 des catéchètes protestantes ont été impliquées dans la catéchèse catholique, les vivre en enrichissement et d'aider les enfants qui nous étaient confiés (pas tous issus de foyers mixtes) à comprendre et à vivre les différences confessionnelles de leurs parents ou de leurs amis et à les reconnaître tous pour chrétiens.
Ultérieurement, les enfants du niveau primaire ont suivi le programme catholique et ceux du secondaire celui des protestants, les réunions étant toujours soigneusement préparées et les liens entre les deux paroisses restant très forts.
En ce qui concerne l'accueil à l'Eucharistie dans les deux communautés, le cas de chaque enfant a été considéré en fonction de son désir personnel et fort de communier et de l'implication de ses parents dans une démarche oecuménique Pour chaque enfant le chemin a été différent mais toujours accompagné par le groupe avec prêtre et pasteur et rien n'a jamais été fait de façon occulte ou normative, la base de réflexion étant :
-Il n'y a qu'un seul baptême,
-la première communion est une étape spirituelle dans la vie de l'enfant et non une intégration confessionnelle définitive,
-la catéchèse, telle que nous la concevons, est un cheminement jalonné de signes, vers une authentique rencontre avec le Christ, au cours de laquelle parents, enfants, monitrices, ministres du culte font des découvertes et vivent des moments exceptionnels de très forte unité et d'amour profond.
Finalement, ce ne sont pas des groupes de catéchèse commune qui devraient exister mais un projet commun de catéchèse et ce groupe dont le but était, à l'origine, la catéchèse de ses enfants a été entraîné à devenir le moteur de nombreuses manifestations inter-paroissiales et lien entre les divers groupes existants où il trouvait aide et appui pour la réalisation de projets parfois très lourds à organiser : expositions, semaine de prières pour l'unité, conférences, débats de formation, fête de la foi...
Egalement, certains de ses membres ont été envoyés en mission dans d'autres paroisses ou d'autres groupes de foyers mixtes pour parler de catéchèse, au Congrès Eucharistique de Lourdes en 1981 pour co-animer la table ronde sur « Eucharistie et Oecuménisme » (cf. un peuple qui parle... les tables rondes au 32è congrès eucharistique international - p. 147 à 170), dans de nombreuses instances nationales ou internationales. Tous ont activement participé aux rassemblements annuels des groupes de catéchèse commune à Lyon.
Ensemble, nous avons travaillé dans le quartier (entr'aide), dans les médias (conférences de carême, messe T.V. ; interviews dans de nombreux journaux, tables rondes….
D'autres ont relaté, de façon concrète, 15 années de vie oecuménique entre nos deux paroisses, et maintenant ce sont nos enfants qui, là où ils sont, sèment à leur tour.
« Souvenons-nous que l'oecuménisme n'est ni une mode passagère, ni une façon de brader un héritage spirituel, mais une volonté d'approfondissement et d'enracinement de la foi au contact de celles des autres. Que l'Esprit Saint nous conduise vers des lendemains de Paix et d'Espérance dans la foi et l'amour fraternel ». D. Atger
Jean et Geneviève de Saint-Affrique
PS - Cette expérience a pu être réalisée grâce a l'appui du Pasteur Daniel Atger et du Père de Lépine .
F - Rayonnement de l'expérience de pastorale des foyers-mixtes
Dans les années 1960 et juste avant la réunion du Concile annoncé par Jean XXIII, la recherche pour l'Unité des Chrétiens, devenue « l'OECUMENISME » était une démarche nouvelle, étonnante pour certains, indispensable pour ceux qui s'y étaient plongés depuis 1957, par la célébration de la « Semaine de Prières pour l'Unité des Chrétiens ».
Le fait d'avoir avancé un pas de plus sur ce chemin, en créant des Groupes de foyers-mixtes provoqua rapidement une sorte de rayonnement dans les communautés tant protestantes que catholiques.
SAINT-SEVERIN : C'est ainsi que dans cette paroisse du V° arrondissement de Paris, le Père Gargam se senti d'autant plus interpellé qu'il célébrait beaucoup de mariages mixtes, étant connu pour son ouverture et sa sensibilité aux problèmes posés. Il les devançait par une préparation très humaine des fiancés.
Il vint donc une première fois à l'une de nos rencontres entouré de quelques uns des ses « poussins » un peu sur la défensive, ne sachant pas quel risque il leur faisait courir.
Dans l'ensemble je crois qu'il fut rassuré par l'ambiance et le contenu du travail découvert.
Par contre, il refusa carrément de les répartir par groupe de six, comme nous l'avions établi dans l'engagement de base. S'en sentant responsable, à juste titre, il ne voulait pas séparer ses ménages qu'il maintenait sous sa coupe.
Notre collaboration en resta là.
SAINT-IRENEE à Lyon et la revue « Foyers-Mixtes » - Le Père Beaupère dominicain, créa peu de temps après nous, lui aussi un groupe de Foyers-Mixtes et prit contact avec les responsables fondateurs pour connaître nos méthodes de travail et de recherche spirituelle.
Quelques échanges de ménages eurent lieu à la faveur de déménagements. Il lança rapidement cette revue pour faire connaître et valoriser son expérience et fit une part non négligeable à celle du groupe 1.
LIGUGE : Dom Lefèvre, moine de cette abbaye bénédictine de Saint-Martin, eut également connaissance des premiers groupes parisiens et manifesta le désir de participer à l'un de nos week-ends de Villemétrie animé par le Pasteur de Robert.
Très intéressé, il souhaita organiser lui aussi un week-end avec les foyers-mixtes de Poitiers et leur aumônier, le Pasteur Jacques Maury, dans la maison paroissiale de Mauroc (près de Poitiers).
Les Decoudun y furent invités mais ne purent s'y rendre. André n'étant pas disponible, le Pasteur Maury jugea inopportun que sa femme s'y rende seule.
TAIZE : Les Decoudun connaissaient l'existence de cette communauté et ils savaient combien elle était accueillie avec suspicion par l'Eglise Réformée de France. Ils souhaitèrent prendre contact avec elle. En l'absence du Pasteur Schultz, ils furent fort bien accueillis par Max Thurian qui leur fit visiter les lieux, très modestes, et l'église paroissiale qui fut leur première chapelle. Le contact Taizé s'arrêta là.
ARTICLES & CONTACTS DIVERS
Assez rapidement les responsables de cette expérience eurent l'agréable surprise de demandes d'articles de la part d'organismes prestigieux comme :
Le Centre International de la Formation Religieuse « Lumen Vitae » de Bruxelles (avec demande de traduction anglaise et allemande) « Réflexions sur la nécessité d'une Pastorale des mariages-mixtes » - Extrait de « Lumen Vitae - Vol XIX (1964), N°I.
Le Centre National de l'Enseignement Religieux (France)
Article pour la revue « Catéchistes d'Aujourd'hui » mai 1966 ;
Grand Séminaire de Versailles - 1965 -
A la demande de l'Abbé Jacques Desseaux, pour des séminaristes en théologie, durant une session sur l'œcuménisme, exposé d'André Decoudun : « Témoignage d'un protestant de ménage-mixte ».
Lettre d'une Américaine engagée dans le professorat de doctrine chrétienne et autres activités, enthousiasmée par l'article de « Lumen Vitae »envisage un débat sur le sujet dans le Maine.(janvier 1965).
Revue « Educatrices Paroissiales », mensuel de vie intérieure et d'apostolat, pour des religieuses en paroisses. (juillet 1966)
Revue « Unité Chrétienne » Père Pierre Michalon à Lyon - article pour les « Pages documentaires »
« Témoignage sur une longue expérience œcuménique » (1967)
Encyclopédie en 12 volumes « 2000 ANS de CHRISTIANISME »
Dossier : Les mariages mixtes - « Un foyer mixte s'exprime » (1978/1979)
Secrétariat National de l'œcuménisme - Article sur :
« Le cheminement spirituel et l'action d'un foyer-mixte durant plusieurs décennies » (16 janvier 2001).
A la lecture de cette énumération, il faut se garder de chercher autre chose que le simple sentiment d'avoir été utile.
Il est vrai qu'aujourd'hui, en 2008, ces regroupements de foyers-mixtes existent toujours, et il a été créé à l'échelon national, l'AFFMIC (Association Française des Foyers-mixtes Interconfessionnels Chrétiens)
Mais après tant d'années d'existence, il serait judicieux de remonter à la genèse de cette expérience.
Deux ménages découvrent avec candeur, que les foudres dont leurs églises respectives les avaient menacés en 1942, ne s'étaient pas manifestées, qu'au contraire cette mixité tant redoutée leur avait permis l'enracinement et l'approfondissement de la Foi de leur baptême 20 ans après.
Cette découverte les incite à chercher autour d'eux si le phénomène s'est reproduit ou au contraire si certains foyers-mixtes ne se trouvent pas en difficulté.
Comme c'est le cas pour quelques uns, ils souhaitent simplement leur apporter une aide.
Comment ? Existe-t-il quelque part en France un organisme religieux ou autre qui puisse répondre à cette question ? Rien, ni dans aucun pays de grande mixité comme l'Allemagne, l'Autriche ou l'Angleterre.
C'est alors qu'ils se décident à lancer timidement, une expérience de regroupement avec les quelques ménages qui leur sont signalés.
Providentiellement ils apprennent, par un ami protestant, que le Pasteur de Robert qui dirige une équipe de religieux protestants à Villemétrie, partage le même souci qu'eux, concernant les foyers-mixtes et désire les rencontrer.
Décision fut prise dès lors de travailler en commun.
Ils comprennent alors qu'ils ne se sont pas trompés et sont sur le bon chemin.
Comment ne pas réaliser qu'ils sont ensemble guidés par l'Esprit Saint qui souffle si fort sur l'Eglise à ce moment, puisqu'on vient d'annoncer la réunion d'un Concile : ce sera Vatican II en octobre 1962.
Aujourd'hui encore c'est une immense Action de Grâce qu'il faut exprimer, car le seul véritable artisan de cette expérience pastorale c'est lui l'Esprit Saint et nous n'en avons jamais été que ses ouvriers humblement dociles.
Oui, véritablement, nous devons le remercier de ce qu'il est toujours à l'œuvre, dans la vie des ménages mixtes, car l'enracinement de la Foi permet à chacun des conjoints, dans un couple vraiment uni, de partager la vie de l'église de l'autre avec la même intensité que la sienne, de souffrir de ses manquements, de ses reculs, ou de se réjouir de ses avancées de la même manière.
Dans la plupart des cas le problème de l'hospitalité eucharistique ne se pose même plus. En cela on peut réellement dire qu'au sein de ces foyers l'Unité de l'Eglise est réalisée.
Peut-être après tout, est-il permis de penser que le développement de ces vrais ménages-mixtes restés fidèles à la Foi de leur Baptême sont autant de points de suture sur les plaies déchirées du Christ Jésus ?
Annexe 1 - Liste des Pasteurs et des Prêtres
Monsieur le Pasteur Jean BOSC R.Père LE GUILLOU
Monsieur le Pasteur LEVEJAC Père DESSAU
Monsieur le Pasteur de ROBERT Père VIOLLE
Monsieur le Pasteur LOUYS Père Bernard des LYONS
Monsieur le Pasteur LEDOUX Père PUECH
Monsieur le Pasteur FINET Monsieur l'abbé GARGAM
Monsieur le Pasteur BASTIDE Monsieur l'abbé CUVIER
Monsieur le Pasteur SAINT Père THIROT
Monsieur le Pasteur MATIFFA Père de CHEVIGNE
Monsieur le Pasteur Michel DAUTRY Monsieur l'abbé LEROY
Monsieur le Pasteur RICHARD-MOLARD Monsieur l'abbé François TOLLU
Monsieur le Pasteur CAUMONT Monsieur l'abbé MOUGEOT
Monsieur le Pasteur ASMUSSEN Monsieur l'abbé AUGERAUD
Monsieur le Pasteur LACROIX
Annexe 2 - Lettre du pasteur Hébert Roux
Annexe 3 - Groupe de foyers-mixtes
Annexe 4 - Liste des sessions de Villemétrie
08.12.1962 - Les problèmes des foyers mixtes
Jean Bosc - Elisabeth Decoudun
22.06.1963 - L'épître aux Hébreux - Spiritualité des églises Protestantes
Jean Bosc - Père Le Guillou
25.10.1963 - Le couple à travers la Bible -Spiritualité du couple.
18.04.1964 - Evangile et Loi - La morale sur le cas du divorce
Jean Bosc - Père Le Guillou
05.12.1964 - Amour et Loi - Matthieu, Romains, Corinthiens
Jean Bosc - Père Le Guillou
11.12.1965 - Appartenance ecclésiale et insertion dans l'Eglise.
Jean Bosc - Père Le Guillou
22.04.1966 - Naissance et développement des dogmes
Jean Bosc - Père Le Guillou
22.10.1966 - L'Eucharistie et la Sainte Cène
Jean Bosc - Père Le Guillou
21.10.1967 - Confession et pénitence
Jean Bosc - Père Le Guillou
30.03.1968 - Sacramentalité - Eglise
Jean Bosc - Père Le Guillou
19.10.1968 - Mise au point sur l'oecuménisme
Jean Bosc - Père Le Guillou
Annexe 5 - Rapport de l'enquête
Annexe 6 - Baptême des enfants
LE BAPTEME DES PETITS ENFANTS DE FOYERS MIXTES
1. EXAMEN DE L'OPINION FAMILIALE AVANT LE MARIAGE:
La question a-t-elle soulevé de grosses difficultés:
De quel ordre: social, religieux
De quel ordre: humain (sentiment légitime de ne pas être continué spirituellement par vos enfants),
social (conformisme de milieu),
religieux (conscience d'une moins-value pour la foi des enfants ou non ?) (par rapport à la nôtre, sentiment de trahison de notre communauté ecclésiale).
Avez-vous reçu des conseils précieux et réconfortants de la part de votre « Eglise» ?
N'en avez-vous reçu que des avertissements ?
2. SITUATION AU MOMENT DU BAPTEME
a) La question a-t-elle été remise en cause?
b) À quel âge avez-vous fait baptiser vos enfants ?
Comment s'est passée la célébration liturgique? L'enfant avait-il été ondoyé? (Etude des dispositions relatives à cette pratique)
L'enfant protestant a-t-il été baptisé au cours d'un culte ou non?
A-t-il été baptisé au cours d'une réunion de famille ou dans un autre lieu?
La célébration a-t-elle été traduite en français?
Le prêtre a-t-il expliqué certains rites anciens comme les exorcismes? A-t-il donné le sens du symbolisme: - de l'eau,
- A-t-il proposé une consécration à la Vierge Marie?
Annexe 7 - Catéchèse commune
87-97, dix ans d'animation à l'occasion de la semaine de prière pour l'Unité des Chrétiens. Cette semaine de janvier propose chaque année un verset biblique à la réflexion de tous.
« Père, qu'ils soient Un comme vous et moi sommes un pour que le monde croie que tu m'as envoyé» Jean 15 La prière du Christ à son père retentit dans le cœur de certains chrétiens, une dizaine de personnes, membres du groupe de catéchèse œcuménique, qui ont donc cherché à ouvrir les barrières qu'avaient fermées l'habitude, les préjugés et les incompréhensions.
Ils ont constitué une petite équipe, chaleureusement épaulée par le Père Jacques Cuche et le pasteur Jean-Marc Viollet, qui a voulu montrer qu'il était possible bien sûr de prier avec tous les chrétiens mais aussi de se rencontrer, catholiques et protestants, de se découvrir dans les différences, de se reconnaître proches et habités par une même espérance, de se trouver ensemble plus forts.
Ce ne sont pas seulement les paroissiens de Notre Dame de l'Assomption et de l'Annonciation mais bien d'autres habitants du seizième, croyants et moins croyants, qui ont été étonnés, interpellés et intéressés par les rencontres, les expositions, les sorties des enfants, les concours de dessins, les conférences et autres manifestations que nous allons vous conter.
Et la semaine de prière pour l'Unité débordera rapidement dans le temps puisque les rencontres catholiques-protestants auront lieu tout au long de l'année, et dans l'espace, car les écoles privées, les aumôneries de lycée et d'autres paroisses catholiques se joindront aux manifestations.
1987 : sortie des enfants du KT : visite de la cathédrale de la rue Daru
Découvrir ensemble une autre tradition chrétienne, regarder ensemble dans la même direction, c'est l'idée de l'année 1987.
Il s'agit pour nous les catéchètes qui retrouvons c nos enfants» chaque mercredi dans une salle paroissiale autour d'un sujet programmé à l'avance, de sortir de nos habitudes et de nos paroisses. Certaines c catéchistes» catholiques sont monitrices à l'école du Dimanche de l'Annonciation et d'autres, c catéchètes » protestantes, . (première différence: d'ordre terminologique ... )sont responsables d'un groupe à la paroisse de l'Assomption. l'organisation est donc facile : une sortie est programmée le mercredi 2 décembre pour tous les enfants de l'Ecole du Dimanche et du catéchisme du primaire à la paroisse N.D. de l'Assomption: une centaine d'enfants ... une quinzaine de catéchistes-catéchètes et quelques mamans CKlCOITlpagnatrices.
Destination: la cathédrale orthodoxe de la rue Daru où la visite se fait sous la conduite d'une femme orthodoxe. Elle explique aux enfants la symbolique de l'iconostase, l'histoire de quelques icônes, la liturgie orthodoxe et répond aux nombreuses questions :
c Pourquoi la croix est-elle différente ? Pourquoi n'y a-t-il pas de chaises? » Un livret d'une dizaine de pages distribué à tous les participants reprend des points historiques sur les familles religieuses, les spécificités orthodoxes, présente une icône et propose des jeux de mots croisés aux enfants. le livret a été confectionné par toutes les catéchètes-catéchistes au cours de réunions préparatoires. Occasion d'échanges et de rencontres ...
Sur place, les enfants orthodoxes suivent eux aussi le catéchisme. Nos enfants les croisent. Ils se dévisagent. ..
Retour dans le seizième fourbus et ravis. les équipes soigneusement composées au départ se mélangent Enfants et adultes échangent leurs impressions. Que de découvertes !
Découvertes intellectuelles: diapositives le matin et conférence l'après-midi
Découvertes culturelles et artistiques: impossible de ne pas être saisi par la beauté de cette cathédrale
Découvertes humaines: nos frères sont plus nombreux que nous le croyions, protestants, catholiques mais aussi orthodoxes ...
1988 : Semaine de prière pour l'Unité: lâcher de ballons au Ranelagh
« l'Unité, c'est gonflé! » Sortons des églises! Entrons dans l'Eglise universelle 1
C'est l'invitation lancée à tous les chrétiens par 2 paroisses du Seizième, celle de l'Assomption (catholique) et celle de l'Annonciation (réformée).
Traditionnellement la semaine de prières pour l'Unité des chrétiens est l'occasion d'un échange de chaires: des pasteurs prêchent dans les églises et des prêtres dans les temples. En 1988, les paroisses veulent donner en plus un signe visible de leur désir de surmonter les divisions: elles invitent les paroissiens à se retrouver le dimanche 24 janvier à midi dans les jardins du Ranelagh, dans un lieu public, pour un lâcher de ballons.
Au cours des messes et cultes de la matinée, les assistants ont pris quelques minutes pour rédiger une prière. Les petits cartons de prière sont ensuite attachés aux ballons. Ils précisent une adresse rue de l'Annonciation ... on ne sait jamais ... Et ce sont mille ballons et deux mille prières qui s'envolent ensuite dans le ciel de Paris vers d'autres destinations. Le ciel s'est éclairci à ce moment-là ;Ies ballons de toutes les couleurs sont visibles longtemps dans l'azur.
C'est un moment symbolique et particulièrement émouvant: où vont-ils ? ils sont chargés de tant d' espérance !
Quelques minutes pour voir les ballons et les prières disparaître ; quelques mois de préparation; de nombreuses personnes se sont impliquées dans cette action, qui n'auraient pas particulièrement participé à un travail œcuménique. Une équipe de paroissiens a travaillé toute la matinée pour gonfler les ballons multicolores et les empêcher de s'échapper avant l'heure dite. Une autorisation spéciale a été obtenue à la mairie. Les ministres du culte sont présents et entonnent un alleluia repris par la foule ... Les promeneurs du quartier s'infonnenl ..
Oui, l'unité c'est quelquefois une belle manifestation préparée en commun.
1989 : Semaine de prière pour l'Unité: 2è lacher de ballons
Dimanche 29 janvier, 12h15 dans les jardins du Ranelagh, la foule est encore plus nombreuse qu'en 1988 malgré un temps un peu plus maussade. Les paroissiens ont réclamé un autre lâcher de ballons.
Et l'équipe de préparation a réussi à impliquer davantage les jeunes en leur demandant de dessiner les étiquettes sur lesquelles les prières sont ensuite rédigées. Ce sont les jeunes des catéchismes des paroisses qui ont bien sûr dessiné, mais aussi ceux des écoles privées du seizième arrondissement qui sont encore plus nombreux (classes de 9è,8è,et 7è). Les écoles N.D. des Oiseaux, St Jean de Passy, St Louis de Gonzague, La Providence ont fourni des étiquettes colorées par centaines ... A cette occasion, les sensibilités œcuméniques qui ne sont guère sollicitées habituellement, ont trouvé à s'exprimer.
Relevé sur une étiquette : c C'est la fête quand les chrétiens sont réunis! » Une grande idée a décollé: l'Unité des chrétiens.
Sortie des enfants du KT : Rallye Paris Chrétien
Découvrir ensemble les hauts lieux de notre culture chrétienne qui sont différents si on est catholique ou protestant, cela a été le projet de sortie pour les enfants de cette année 1989 qui avait si bien décollé oecuméniquement en Janvier.
Les catéchistes-catéchètes, qui commencent à bien se connaître, se réunissent donc pour organiser un rallye dans Paris où les groupes d'enfants vont se croiser. Chaque groupe d'une vingtaine d'enfants mélangés catholiques-protestants va visiter 3 lieux dans la journée du 8 février 1989. Sur place, un témoin accueille les enfants pour la visite.
7 endroits ont été retenus:
Saint Gervais où nous accueille un des frères de la communauté de Jérusalem
L'Oratoire du Louvre où nous accueille le pasteur et une responsable de l' ACA T :Association des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture
La Sainte Chapelle où une des monitrices aide les enfants à déchiffrer les vitraux Saint Gennain des Prés
Les fouilles sous le parvis de Notre-Dame
Le musée où sont rassemblés des souvenirs des prêtres des Missions Etrangères martyrisés en Asie:
Japon, Vietnam, Corée ...
Le tombeau de Saint Vincent de Paul où nous accueille une bénévole de l'entraide de l'Annonciation. La connaissance de Paris: métro, RER et rues est très utile aux monitrices. Les retards et recherches sont relativement limités. Le nouveau pasteur de l'Annonciation qui vient de Valence fait brutalement connaissance avec Paris. Tout se passe dans la bonne humeur car les visites et témoignages sont passionnants. Dans le métro du retour les enfants essaient de répondre aux questions du désonnais traditionnel livret ; pour fixer un peu leurs souvenirs ...
Le rassemblement à l'issue de ce marathon dans Paris a lieu à Notre Dame de l'Assomption pour une célébration commune. Chaque groupe a composé une prière inspirée par les visites de la journée . Aurons-nous contribué à combler nos différences culturelles ?
1990 : Semaine de prière pour l'Unité: conférence
En 1990, la semaine de prière pour l'Unité s'étend du 21 janvier au 3 février. Elle sera particulièrement riche puisque pendant ce temps auront lieu 1culte baptismal avec prédication du Père Cuche, 1messe avec prédication du pasteur Viollet, 1 autre messe pour les jeunes avec prédication du pasteur Cochet et 2 rassemblements pour prier ensemble l'un dans la paroisse catholique et l'autre dans la paroisse protestante.
l'équipe issue du groupe de catéchèse œcuménique aidée par d'autres laIes organise en outre une conférence le lundi 29 janvier pour parler de la prière :« La prière suffit-elle pour l'Unité des chrétiens? » le père Faynel et le pasteur Dumas sont pour présenter leur point de vue et pour guider le débat Ce dernier nous dit :
« la prière est un moment de la vie chrétienne mais elle n'est ni ultime recours quand tout le reste parait une impasse, ni une évasion vers l'intemporel. Alors comment la prière peut-elle être tremplin vers davantage de participation dans les célébrations dans l'Eglise et surtout davantage d'engagement commun dans le monde? »
Matinée pour les catéchètes-catéchistes
les 13 et 14 octobre 1989, le groupe de Paris a organisé la 16è rencontre de catéchèse œcuménique à Lyon sur le thème absolument passionnant de l'image de Dieu chez les enfants. 3 catéchètes y ont présenté les différents parcours catéchétiques. Et elles n'ont pas organisé de sortie pour les enfants cette année-là. Mais elles ont éprouvé le besoin de se revoir, catéchètes protestantes et catéchistes catholiques le mardi 6 mars pour prier et réfléchir ensemble. le texte proposé à la réflexion était la lettre de Paul aux Ephésiens (4/1-17) qui exhorte à bâtir le corps du Christ dans l'Unité. Projet ambitieux mais toujours animé et convivial.
1991 : Exposition: Trente ans d'œcuménisme entre deux paroisses
Toutes ces manifestations, l'élan et l'enthousiasme soulevés conduisent à un bilan: trente ans d'œcuménisme! déjà!
Ce sera l'occasion d'une exposition du 19 au 25 janvier, pendant la semaine de prière pour l'Unité, dans le hall du 27, rue de l'Annonciation. Elle retrace la vie œcuménique des deux paroisses: catholique de N.D. de l'Assomption et réformée de Passy-Annonciation.
Jean-Marc Viollet nous décrit l'exposition dans Chrétiens en Marche:
« Tout est prêt: le panorama historique retraçant les grands moments œcuméniques, les décisions des Eglises et parallèlement la vie des groupes qui se mettent en place; l'audiovisuel fonctionne, deux cassettes vidéo contiennent des séquences d'émissions télévisées avec Jacques Paugan et un foyer mixte, une prédication de Daniel Atger à Présence Protestante, des cultes de célébrations œcuméniques de baptême et de mariage, de voyage œcuménique en Terre Sainte ... le jeu de l'oie œcuménique est prêt à être utilisé: il ne manque que les dés :pour l'instant donc chacun regarde les légendes ...
Un panneau richement éclairé présente les textes bibliques fondateurs de la démarche œcuménique:
Ephésiens 2, 15 ... Jean 17 ...
le clou de l'exposition est une série de cubes de couleur présentant les activités et réalisations œcuméniques de nos deux paroisses, photos à l'appui. Mis l'un sur l'autre ou l'un à coté de l'autre ces cubes appellent à poursuivre la construction, à faire que chacun puisse apporter sa pierre à l'édification de cette maison spirituelle.
Tout est prêt même le comptoir de librairie où l'on trouve le dernier document du groupe des Dombes et le recueil de prédications de Daniel Atger. »
l'inauguration à 17h le samedi 19 donne l'occasion de se retrouver anciens et nouveaux, laies et « bergers» ; car ils sont venus nombreux, les initiateurs du mouvement encore vivants et témoins ravis du chemin parcouru. C'est un grand moment de joie et d'émotion pour tous les présents.
Sortie des enfants du KT : visite de la cathédrale de Chartres
Les chrétiens du Moyen Age pouvaient retrouver leur catéchisme en regardant les vitraux de leur cathédrale. C'est dans cet esprit que nous décidons d'emmener les enfants du catéchisme et de l'école du Dimanche des deux paroisses (environ 80 enfants) le mercredi 19 juin à Chartres pour visiter la cathédrale. Des conférencières retenues à l'avance prennent les enfants par petits groupes et leur apprennent à c lire» les vitraux, leur font reconnaître les personnages sculptés autour des portails. C'est l'apprentissage de la symbolique. Elles leur expliquent le principe de la croisée d'ogive. L'une d'entre elles fait lever les bras à quatre enfants; elle pèse ensuite sur leurs mains pour former la clef de voûte ! Cette image de la clef de voûte qui repose sur des pierres vivantes sera retenue et réutilisée au cours d'une célébration à Notre-dame de l'Assomption. La conférencière viendra spécialement de Chartres répéter la scène!
Une célébration commune a lieu dans la chapelle œcuménique qui se trouve derrière l'autel dans le chevet de la cathédrale. Elle est ouverte spécialement pour nous. Prêtre et pasteur accompagnateurs se relaient pour accueillir, commenter les textes et bénir l'assemblée.
Les enfants repartent avec le traditionnel livret de questions et de jeux, pleins des merveilles de pierre ...
Les adultes ont également beaucoup appris ; ce ne sont pas les moins enthousiastes !
1992 : Semaine de Prière pour l'Unité: Transmission de la Bible
Manifester publiquement que notre richesse commune, catholiques et protestants, est la Bible, c'est l'objectif de cette marche apéritive du Dimanche 19 janvier 1992. Dès la fin de la messe de 10h30 à N.D. de l'Assomption et du culte de 10h30 également rue Cortambert, la plupart des paroissiens se mettent en marche vers le parvis d'une troisième paroisse du quartier: N.D. de Grâce de Passy, rue Jean Bologne. La parole de Dieu, symbolisée par la TOB, est commune et elle se transmet Ce sont les mêmes textes qui ont été commentés ce matin-là dans les trois églises.
Le livre de la TOB a donc été porté en tête des deux cortèges, et passé de mains en mains le long des rues du seizième. Sur le parvis de la paroisse N.D. de Grâce, nous attend un autre groupe de paroissiens. Les prêtres et pasteurs échangent solennellement leurs livres, portant une dédicace. Tous ensemble, nous prions Notre Père commun et nous chantons. Les paroissiens de N.D. de Grâce ont préparé des boissons chaudes qu'ils offrent à tous les participants.
Pour chacun, c'est un témoignage de notre confiance dans la Parole de Dieu dans le quartier face aux promeneurs qui se demandent ce qui se passe.
C'est aussi une démarche commune, une chaîne de l'amitié entre paroissiens qui se connaissent et se réjouissent toujours de se retrouver.
Sortie des enfants du KT : rallye Paris Accueil
Après le c rallye Paris Chrétien », les catéchistes-catéchètes ont eu l'ambition de faire découvrir concrètement aux enfants l'autre versant du service de la parole de Dieu: l'accueil de nos frères dans le besoin. Mission traditionnelle de nos églises, elle dépasse les clivages théologiques. Les formes d'aide sont multiples et parfois communes.
Les organisatrices ont donc contacté quelques lieux d'entraide que les enfants pouvaient visiter dans la journée. Des responsables des lieux d'accueil ont accepté de présenter leur action et de répondre aux questions des enfants. Les groupes mixtes catholiques-protestants d'une vingtaine ont donc visité entre autres les endroits suivants :
Le C.AS.P. Centre d'Action Sociale Protestant où les enfants ont déjeuné dans la salle où sont accueillis les habitués
La Mie de Pain dans le treizième arrondissement: le responsable explique qu'il ne demande aucune pièce d'identité ni aucun justificatif aux personnes qui se présentent Les couteaux doivent être déposés à l'entrée. Les couchettes ressemblent à des compartiments de chemin de fer.
Les sœurs de l'ordre de sœur Teresa offrent une soupe chaude à tous ceux qui font la queue dans le centre de Paris. Certains enfants ont participé au service.
Cette journée est impressionnante; enfants et adultes sont silencieux sur le chemin du retour. Ils méditent sur l'immense demande des démunis dans Paris et sur l'admirable implication des bénévoles et responsables. Sur le livret des enfants, il fallait trouver la phrase-clé de ces visites: « Fais de ta vie une terre d'accueil. »
Les prières composées par chaque groupe pour la célébration commune sont particulièrement émouvantes.
1993 : Semaine de Prière pour l'Unité: Exposition à la mairie du Seizième
En 1993, la semaine de prière pour l'Unité va durer ... 3 mois ! Les annonces de célébrations œcuméniques, échanges de chaires, exposition remplissent 2 pages dans la Feuille d'annonces paroissiales de N.D. de l'Assomption.
Regonflée il y a quelques années, l'Unité a décidé de s'afficher de plus belle au vu et au su de tous, à la mairie du seizième arrondissement
L'organisation s'est étalée dans le temps.
Elle s'est d'abord adressée aux enfants, au plus grand nombre possible dans le quartier, c'est à dire à ceux qui fréquentent le catéchisme et l'Ecole du Dimanche mais aussi à ceux qui sont catéchisés dans les écoles privées du seizième. A tous, il est donc proposé de réfléchir pendant une séance de
« caté » sur quatre versets bibliques :
Jean 14 v.2 : « Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures. » Jean 15v.5 : » Je suis la vigne, vous êtes les sarments. »
1 Cor 12 v.14 :« Le corps en effet, ne se compose pas d'un seul membre mais de plusieurs. » Galates 5 v.22-23 : c Mais voici le fruit de l'Esprit: amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi. »
Il est ensuite demandé aux enfants d'illustrer un de ces versets sur une feuille de dessin selon la technique de leur choix.
Les dessins déposés à l'accueil des paroisses sont très nombreux.
Une deuxième phase va donc réunir les responsables de l'organisation et un jury qui a été choisi parmi des personnes sensibilisées à la fois à l'art et à l'œcuménisme. Le choix des affiches qui seront ensuite exposées à la mairie et des gagnants est passionnant et difficile.
Une troisième phase se passe à la mairie. Après les négociations de rigueur, un petit groupe consacre une journée à l'accrochage des c affiches choisies ».
Et c'est le jour de l'inauguration : le mercredi 3.1 mars à 18h. Le maire est là bien sûr avec son adjoint, les ministres du culte mais aussi les catéchiste & catéchètes et de nombreux enfants. Remerciements, discours, remise des prix et buffet. ..
C'est une réception royale. Et ceux qui n'ont pu y participer se sont rendus à la mairie la semaine suivante pour admirer les affiches.
Le corps du Christ et les demeures ont particulièrement bien inspiré les enfants. Une très belle exposition !
Sortie des enfants du KT : Les diaconesses de Versailles
Les diaconesses de Versailles ont souvent accueilli les enfants. Les journées qu'elles organisent autour d'un thème, les jeux, les pique-nique, les célébrations dans la tente, leur calme et leur prière font toujours des réussites des journées que les enfants passent auprès d'elles.
La sortie a lieu le mercredi 23 Juin. C'est juste après la Pentecôte et le thème retenu sera tout naturellement celui de l'Esprit Saint, autour de la parole: c Il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs. » PS.104 v.4.
5 ateliers sont prévus : eau, terre, vent, feu, Bible. Dans chacun, les enfants vont essayer de percevoir la présence de l'Esprit. Inutile de préciser combien les diaconesses sont précieuses pour conduire les enfants dans cette découverte!
Les enfants quittent les Diaconesses emportant chacun un petit livret, vierge cette fois-ci, où ils pourront noter pendant les vacances tout ce qui est dans leur vie action de l'Esprit.
1994 : Semaine de Prière pour l'Unité: La Maison de Dieu
La Maison de Dieu, c'est le titre d'un journal qui n'a comporté que deux numéros, l'un en Février 94 et J'autre en Février 95. Réalisés à l'issue de la Semaine de prière pour l'Unité des chrétiens. Dans cette maison ont été accueillies toutes les manifestations de l'inspiration des enfants qui concernaient l'œcuménisme.
Les rédacteurs, illustrateurs étaient les enfants catéchisés de la 8è (CM1) à la 5è. Les secrétaires de rédaction, maquettistes et imprimeurs ont été principalement recrutés parmi le groupe de c catéchèse œcuménique» et celui de Foyers Mixtes ; avec l'aide bien sûr, des catéchistes-catéchètes.
Dès la rentrée scolaire de Janvier, un projet de maquette a été distribué dans les aumôneries pour préciser et suggérer les formes que pouvaient prendre les c articles » des enfants; et pour diffuser le thème de réflexion de la semaine de prière 94 : c Appelés à n'avoir qu'un cœur et qu'une Ame. » Actes 4 v.32.
En 1995, le thème était tiré de l'évangile de Jean: c Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et vous l'obtiendrez. »
Le groupe de maquettistes et le secrétariat de rédaction a ensuite passé beaucoup de temps à choisir et à mettre en forme sur X-Press les livraisons abondantes en provenance de toute les écoles privées et des aumôneries de lycée du quartier.
Imprimé à 2000 exemplaires, le journal a été distribué à tous les participants qui ont eu la joie de découvrir les articles, dessins et jeux de leurs camarades.
L'inspiration a été très variée: témoignages personnels, prières, mots fléchés et mots cachés, charades mais aussi reportage d'un voyage à Taizé, comptine et surtout recettes savoureuses pour construire l'Unité !
Sortie des enfants du KT : visites à Roissy et à Villiers-le-Bel
La parole de Dieu est diffusée dans le monde entier : pour répondre à la demande du Christ Ce sont ces actions concrètes de diffusion que nous avons voulu montrer aux enfants le 7 Décembre 1994. En cette période de l'Avent, c'est l'image de Jean Baptiste qui nous inspire.
Il y a un accueil chrétien dans une centaine d'aéroports. En France des aumôniers protestants et catholiques assurent une permanence en se relayant à Paris: Or1y et Roissy-Charles de Gaulle. Œcuméniques, les équipes des aumôneries tentent d'accompagner voyageurs et employés. Elles doivent être un relais, une passerelle avec le goût du sel et la lumière d'un phare !
C'est dans le centre spirituel de l'aérogare CDG2 que les enfants et leurs catéchistes-catéchètes ont rencontré le Père Jovenez et le pasteur Gérard Markhoff. Dans ce tout petit espace qui se transforme en salle de réunion ou en chapelle grâce à des parois coulissantes, nous avons tous écouté les responsables nous raconter leur travail, nous avons chanté, écouté la parole de Dieu, et prié ensemble.
Direction Villiers-le-Bel ensuite à destination de l'Alliance Biblique Française: plusieurs responsables font visiter les bureaux où le texte biblique est traduit en quelques 2000 langues et dialectes, la bibliothèque où sont conservés quelques précieux manuscrits et même les ateliers d'emballage et d'expédition.
Ces endroits où souffle l'esprit sont des exemples pour nous tous.
1996 : Sortie des enfants du KT : A la découverte de l'icône
L'icône a pour vocation de réunir les êtres et de briser les barrières, les différences, Seule la beauté de Dieu peut rassembler.
Le mercredi 28 février 1996, les catéchistes-catéchètes ont organisé de nouveau une visite de la cathédrale de la rue Daru ; à la découverte de l'icône, en particulier celle de la Trinité, et de nos amis orthodoxes.
Une nouveauté cette année-là : la visite a lieu le matin et les enfants se rassemblent dans les locaux de Notre Dame de l'Assomption pour le déjeuner tiré des sacs. L'après-midi est consacrée à du travail manuel. Chaque enfant peut repartir après la célébration de clôture avec une petite icône faite sur contreplaqué,
1997 : Sortie des enfants du KT : visite de la cathédrale de Chartres
Les enfants ont grandi et d'autres catéchistes-catéchètes les encadrent mais la tradition des «sorties communes» comme nous appelons ces journées œcuméniques, perdure. En 1997, la destination de Chartres est reprise avec toujours la même réussite.
1998 : Sortie des enfants du KT : 2ème Paris-accueil
L'idée de visiter avec les enfants les lieux où sont accueillis certains d'entre nous est reprise, mais les visites sont limitées au seizième: les Orphelins Apprentis d'Auteuil et le centre de la rue Mesnil entre autres ...
Bien sûr, le chant d'entrée de la célébration est: « Laisserons-nous à notre table un peu de place à l'étranger? » Ensuite le témoignage de chaque groupe suscite toujours des intentions de prière qui sont suivies de la prière de Saint François. La séparation a lieu sur un dernier cantique joyeux.
1999 : Sortie des enfants du KT : rallye Paris -Premiers chrétiens
Cette année-Ià les catéchètes de N.D. de Grâce de Passy se joignent à l'équipe habituelle N.D. de l' Assomption-Passy-Annonciation. Belle et bonne idée car les réunions de préparation de cette sortie concernant 1S0 enfants sont nombreuses, enrichissantes et de plus en plus chaleureuses au fil des semaines.
L'accent est mis sur l'évocation de l' église primitive et ses martyrs : les données historiques sont consignées dans le livret et pendant la matinée, les groupes peuvent retrouver des traces ou entendre des évocations de ce passé commun.
Les lieux choisis se trouvent dans les 4ème et 5ème arrondissements: parvis de N.D. de Paris, les Thermes de Cluny, Saint Etienne du Mont,et les arènes de Lutèce où sont évoqués les martyrs de Lyon de l'an 177.
Chaque groupe a une énigme à résoudre dans la matinée. Au moment de la célébration, les réponses sont écrites sur des « dalles» qui vont permettre de construire une « via optima ». Et les dalles retournées sont ensuite collées sur un grand panneau et le message pour chacun de nous est apparu:
« Allez donc; de toutes les nations faites des disciples les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit Et moi, je suis avec vous, tous les jours jusqu'à la fin des temps. »
Le projet de cette journée était ambitieux. Les organisatrices ont ressenti le « poids» d'un si grand nombre d'enfants à intéresser sous une pluie diluvienne tout le jour (dont tout le monde se souvient.) Les enfants ont-ils mesuré la foi de ces premiers chrétiens qui « tournaient le regard vers le Seigneur et rayonnaient de joie» jusque dans la mort et les tortures ?
Malgré un bilan mitigé, nous avons continué à trois paroisses en 2000.
La mairie du XVIème recevait dans deux de ses salles, l'exposition biblique préparée par l'Alliance Biblique Française; son directeur, le pasteur C. Bonnet donnait trois conférences aux paroissiens du XVIème afin qu'ils deviennent « guides» pendant la durée de l'exposition.
Notre équipe: N.D. de Grâce de Passy, N.D. de l'Assomption et la paroisse réformée de
l'Annonciation a trouvé là matière à intéresser les enfants qui nous sont confiés en catéchèse. Voici le programme de la journée du 7 juin 2000 :
Le matin, visite de l'exposition. Chaque groupe d'enfants était entouré de 2 voire 3 adultes dont au moins 1 avait suivi la formation.
Après le déjeuner dans la cour de N.D. de r Assomption, plusieurs ateliers sont proposés aux enfants pour donner vie à ce qu'ils ont entendu le matin :
Modelage: chaque enfant fait une lampe ressemblant à celles qu'ils ont vues dans les vitrines de l'exposition
Relais: ce jeu de plein air mime la transmission sans rien perdre si possible Chant: apprentissage des chants retenus pour la célébration
Livret: prendre le temps de répondre aux questions concernant la formation de la Bible, le contenu de certains panneaux, etc ...
Dépliant chronologique: chaque enfant en complète un, pour situer les personnages connus dans le temps
Ecriture: il s'agit de reconstituer des phrases à « trous », de faire des puzzles, d'inventer une histoire à partir de 3 ou 4 mots ...
« La Bible est un livre fait de beaucoup de livres et dans chacun d'eux beaucoup de phrases ... et dans chacune des phrases beaucoup de mots, d'étoiles, d'oliviers, de fontaines, de petits ânes et de figuiers, de champs de blé et de poissons ... et le vent partout le vent, le mauve du vent du soir, le rose de la brique matinale et le noir des grandes tempêtes. » C. Bobin
Cette journée très riche a été la dernière de ce que nous appelions« sorties communes •... La dernière vraiment? est-ce possible que ce nouveau siècle ne connaisse pas ces enthousiasmes, ces bousculades, ces fatigues et ces joies ?
Dans une des 3 paroisses concernées, on se dit : « et si nous retournions à Chartres? »
Sylvie Krasnopolski et Annie Viollet.
Annexe 8 - Lettre au père Le Guillou
Annexe 9 - Lettre du père Beaupère
Annexe 10 - Lettre d'une Américaine
J'ai lu récemment votre très intéressant article dans « Lumen Vitae », sous le titre : « réflexions sur la nécessité d'une Pastorale concernant les mariages mixtes ». C'était un article rafraîchissant comme une fraîche brise de mer un jour de chaleur. C'est un esprit chrétien sain, tel que le vôtre, qui nourrit de telles pensées et idées. Je suis d'accord avec tout ce que vous dites. J'ai vu beaucoup de beaux mariages mixtes. Quelquefois plus beaux que des mariages de personnes de la même foi. Vos conclusions sont très inspirées. Dieu agit par des voies mystérieuses et celle-ci peut en être une ;
J'enseigne la doctrine chrétienne à de jeunes adultes et cette question des mariages mixtes se pose toujours. Votre article me sera très utile pour préparer un cours sur ce sujet. Je vous en suis très reconnaissante.
De même, je suis dans un groupe avec un prêtre, deux religieuses et un laïc qui mettons sur pied un Institut d'Education pour Adultes sponsorisé par notre Bureau Régional CCD. Nous avons plus de 150 adultes et enseignants. Je crois qu'un débat sur votre article par un de nos prêtres serait pertinent et éclairant. C'est un sujet qui intéresse tout les élèves et votre approche rafraîchissante trouvera chez tous un bon accueil.
Annexe 11 - « Un foyer mixte s'exprime »